L’agroforesterie, ses enjeux environnementaux et économiques
Entretien avec le Dr Christian Dupraz, Directeur de recherches à l’Inra de Montpellier,
UMR Systèmes de Culture Méditerranéens et Tropicaux
Propos recueillis par Lamiaa ElAyoubi, Ayhan Ayar, Christian LeRoy et Laurent Millet, étudiants en 2ème année du Master professionnel BBB : Biotraçabilité, Biodétection et Biodiversité de l’Université Montpellier II.
D ans le but d’obtenir des informations précises en ce qui concerne l’agroforesterie nous avons rencontré un professionnel investi dans la profession. Il s’agit de Christian Dupraz, chercheur à l’INRA et spécialisé dans l’étude des systèmes agroforestiers. Il est à même d’éclairer ce domaine encore mal connu, ses pratiques, ses avantages et ses inconvénients.
Pour commencer, pouvez-vous nous parler de la situation de l’agroforesterie, en Europe, en France ?
L’agroforesterie fait un retour remarqué dans les espaces cultivés Européens. En France, plus de 1000 ha agroforestiers seront plantés cet hiver, dans toutes les régions. On met en place de nombreuses associations d’arbres et de cultures. En Europe, nous avons seulement une vingtaine d’espèces d’arbres utilisables en plantation. Nous n’avons donc pas un très grand choix d’arbres contrairement aux pays tropicaux tels que la Guyane où il existe jusqu’à 100 espèces d’arbres sur un seul hectare forestier.
Dans les parcelles agroforestières, les agriculteurs font leurs cultures habituelles, nous ne leur demandons
pas de changer pour faire de l’agroforesterie. Ainsi on retrouve des cultures normales en utilisant le noyer, le cormier,… Nous adaptons seulement les systèmes techniques, par exemple, sur le site de Restinclières (près de Montpellier, dans l’Hérault), nous avons arrêté de labourer car dans les allées cultivées, nous ne parvenons pas à faire des semis réguliers en bordure des allées, et nous sommes donc passés à l’utilisation des disques pour travailler le sol.
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