Quelle place pour les herboristes au XXIème siècle ?
Focus métier. Producteur herboriste dans la Creuse, formateur et également auteur d’ouvrages sur l’herboristerie, Thierry THEVENIN nous livre sa vision les métiers de l’herboristerie.
[Extrait]
Durabilis. Pourriez-vous nous en dire plus sur le métier de cueilleur-herboriste aujourd’hui ?
Le métier de cueilleur-herboriste se trouve à la croisée de deux domaines socio-professionnels fondamentaux : l’agriculture et la santé. Ceci explique autant son caractère universel, dans l’histoire humaine que la position très particulière, souvent à la fois marginale et convoitée et même disputée, dont elle a pu relever dans toutes les sociétés, anciennes ou contemporaines.
Ceci peut enfin permettre de comprendre son parcours historique en France, de sa construction sociale entamée par les corporations (apothicaires, épiciers, herbiers) dès le XIIIe siècle à son officialisation à la fin du XVIIIe siècle puis à sa suppression brutale en 1941, lequel parcours a fini par aboutir aux difficultés de reconnaissance légale que rencontrent aujourd’hui celles et ceux qui veulent continuer à pratiquer cette activité.
En ce début de XXIème siècle, la plante médicinale est devenue un objet juridico-économique complexe. Le marché global des plantes médicinales représente environ un milliard d’euros chaque année rien que dans notre pays. La vieille querelle des apothicaires et des épiciers a pris une tournure industrielle et planétaire, en marge de laquelle les producteurs-herboristes ont bien souvent du mal à se faire entendre.
Durabilis. Quel espace aujourd’hui pour le producteur-herboristerie en France ?
La délivrance au public des plantes médicinales ou aromatiques est aujourd’hui segmentée en deux marchés » légaux…
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