Les Français se sont dressés contre un immense centre logistique amazonien

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Pour Gilles Renevier, « combattre le projet d’Amazon de construire un vaste centre logistique dans sa région relève du bon sens ». En effet, cette année, la firme américaine commencera la construction d’un grand centre d’emballage et de livraison près de l’aéroport de Lyon.

Cependant, deux associations locales ont déposé des plaintes pour faire barrière au projet. Ils estiment que ce dernier augmentera le trafic routier et la pollution avec plus de 1.000 camions et de 4.500 petits véhicules par jour. Pourtant, ni une planification ni des transports publics appropriés pour couvrir cette zone déjà saturée n’ont été prévus.

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« Nous ne reculerons pas. Ce projet est une façon dépassée de faire les choses. Il faut réfléchir à la manière de mieux vivre dans une société moins polluée », a déclaré Renevier. Il y a eu une montée du sentiment anti-Amazon chez les consommateurs français.

Par contre, ces derniers ont dépensé plus de 38 milliards d’euros pour des achats en ligne, faisant en sorte que la société soit le leader du marché. Les gilets jaunes ont repris les affrontements avec la police en bloquant plusieurs dépôts et bâtiments d’Amazon. Leur révolte fiscale visait plus l’État que les entreprises.

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Selon un jeune manifestant : « L’impôt en France est injuste. Plusieurs de mes amis travaillent chez Amazon. Comment se fait-il que les travailleurs à bas salaires, travaillant toute la journée dans un hangar amazonien, doivent payer toutes leurs taxes et que les grandes entreprises doivent s’arranger pour payer le moins possible ? »

Le gouvernement français cherche à calmer le mouvement en annonçant une nouvelle taxe sur les grandes entreprises technologiques comme Google, Apple, Facebook et Amazon. Un tribunal du travail d’Orléans examine aussi une affaire de licenciement abusif d’un employé qui travaillait dans un dépôt de Saran.

Celui-ci a perdu son travail après avoir écrit un article sur Facebook en utilisant le terme « nous, gilets jaunes » et en suggérant de bloquer un dépôt. Amazon a refusé de lui rendre son emploi. Avi Bitton, l’avocat du travailleur, a déclaré que « c’est une question de liberté publique. La grève est un droit dans la Constitution française, tout comme la liberté d’expression. Il y avait un mouvement national de gilet jaune, mon client voulait y participer », a-t-il poursuivi.

Un problème entre riches et pauvres

Amazon a investi 2 milliards d’euros en France depuis 2010. La société emploie 7 500 salariés permanents sur 20 sites. Dans le passé, elle a été critiquée pour avoir minimisé sa facture fiscale en France et dans d’autres pays européens. Elle faisait transiter ses ventes par le Luxembourg, qui offre des avantages fiscaux aux sociétés étrangères. À présent, une succursale se trouve en France et héberge les ventes au détail, les frais et les profits dans le pays.

Khaled Bouchajra, syndicaliste de la CGT de gauche sur le site de Saran, a déclaré que les syndicats étaient « forts et respectés au sein de l’entreprise ». Le problème serait seulement perçu par le public français comme « un combat entre riches et pauvres ». Le maire a approuvé le permis de construire. Pierre Marmonier a déclaré : « Je comprends la peur des gens, mais toutes les questions que j’ai posées à Amazon ont été répondues et m’ont rassuré ».

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